The World Bank/WBI’s CBNRM Initiative
Case Received: February 5, 1998
Author: Amadou D. Daou
Telephone: +223 65 1082
Fax: +223 65 1033
Email: giraudy@cmdt.malinet.ml
IDENTIFICATION DU CAS
L'aménagement des petits bas-fonds, et la gestion des terroirs villageois dans la région CMDT de Bougouni sont deux volets du Mali Sud III financés par la Banque Mondiale (IDA) dans le cadre du Programme d'Ajustement du Secteur Agricole (PASA). L'exécution de ces deux volets a été confiée par l'Etat à la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT) en collaboration avec les services techniques du developpement rural et des structures privées. Les facteurs contextuels importants qui ont permis l'insertion de ces deux volets dans le Mali Sud III sont les suivants:
- Dans la Région CMDT de Bougouni les petits bas-fonds constituent un potentiel agro-pastoral très important. Ces bas-fonds qui tiennent une place très importante dans la vie socio-économique des villages étaient entrain de perdre leur vocation à cause des années cumulées de sécheresse. Le volet "Aménagement des petits bas-fonds" a été formulé dans ce contexte, il fallait aussi face à l'introduction de la culture du coton dans la Région assurer la diversification des revenus paysans et contribuer à l'autosuffisance alimentaire de manière qualitative et quantitative par la relance de la riziculture et du maraîchage.
- La Région CMDT de Bougouni est l'une des rares au Mali où existe encore des réserves en ressources naturelles ; face à l'extension de la culture cotonnière et à la récolonisation des zones libérés de l'onchocercoce, il fallait trouver une approche de gestion des espaces ruraux adaptée à la zone, pour assurer une exploitation équilibrée des ressources naturelles. Par ailleurs le Ministère du Développement Rural et de l'Environnement dans le cadre de sa politique avait fixé la grande orientation suivante : toute intervention en direction du monde rural tiendra désormais compte de la conservation des ressources naturelles et se fera en conseils pluridisciplinaires afin d'éviter la diversité des messages. C'était dans ces contextes qu'a été formulé le "volet gestion des terroirs villageois dans la Région CMDT de Bougouni".
Dans les deux volets les acteurs sont la CMDT et les services techniques de Développement Rural (Eaux et Forêt, Elévage, Centre d'Action Coopérative et la recherche système) intervienant en équipes pluridisciplinaires pour jouer le rôle de facilitateur dans l'identification des problèmes et des solutions, la formation le suivi l'appui et le conseil des villageois. Des bureaux d'études privés et ONG ont bénéficié d'un transfert de certaines tâches techniques (Etudes techniques, réalisations d'ouvrages et formations) et interviennent par prestation de services. Les villageois sont les acteurs principaux du processus dans chacun de ces volets, des outils et méthodes ont été élaborés pour leur permettre de participer pleinement au diagnostic, à l'identification des problème et solutions et à leur mise en oeuvre. Comme ça se voit dans les deux volets les ressources naturelles ciblées sont les terres, les points d'eau, les forêts et les pâturages.
LA SITUATION INSTITUTIONNELLE INITIALE
Les principaux interlocuteurs du monde rural dans notre région étaient: la CMDT le service des eaux et forêts, le service d'élevage et le centre d'action coopérative. Chacun de ces acteurs intervenait isolement et il arrive parfois que les messages soient incompatibles. Le service des eaux et forêt avait surtout des méthodes répressives, ce qui était incompatible avec les messages de vulgarisation et de sensibilisation véhiculés par les autres services. La concertation entre ces différents services, même si elle existait, était peu approfondie et les problèmes génèrés par cette situation institutionnelle étaient la diversité des messages auprès du paysan, la perte de temps et d'énergie et le manque de complémentarité.
LE PROCESSUS DU CHANGEMENT ET LES RÉSULTATS
Il faut souligner que la révolution du 26 Mars au Mali a été le facteur favorisant le rapprochement des différents interlocuteurs du monde rural et le démarrage du processus de changement. A cette occasion historique le monde rural a dénoncé énergiquement les méthodes répressives du service des eaux et forêts. Les services techniques ont d'abord vu la nécessité de se rapprocher ensuite, de se concerter et d'harmoniser les messages pour faire face à cet éveil du monde rural. C'est ainsi qu'est né dans la Région CMDT de Bougouni 3 cadres de concertation regroupant les services techniques. Au même moment deux projets évoluant dans l'aménagement des bas-fonds (l'un financé par le Canada et l'autre par la Suisse) s'apprêtaient à fermer leurs portes et à déverser sur le marché du travail un certain nombre de jeunes diplômés. Ces jeunes en concertation avec la CMDT et d'autres partenaires ont finalement décidé de rester en équipes et de se constituer en bureaux d'études privées. La naissance de ces cadres de concertations et ces bureaux d'études privés a été un créneau dans lequel pouvaient aisément s'insérer l'exécution des volets GTV et d'Aménagement des petits bas-fonds de Bougouni. C'est ainsi que les cadres de concertations ont été restructurés et il a été mis en place des groupes techniques déconcentrés au niveau du cercle administratif (GTC) des arrondissements (GTA) et des villages (GT Villages). Le rôle de chacun de es groupes techniques et leurs relations ont été définis dans un protocole d'accord signé de tous les services. Au niveau de chaque localité un bureau de coordination est mis en place dans lequel les tâches sont partagés, le service assurant la présidence joue le rôle d'administration. Au niveau village le CT Village reste sous l'autorité du conseils de village.
Ce regroupement des services a permis une complémentarité utile et a permis d'élaborer des outils de travail adaptés aux différents besoins des acteurs. Une bonne identification des besoins villageois a pu être fait et leur participation aux différentes activités a pu être assurée. Ce quise ressent positivement sur le comportement du paysan face au ressources naturelles car désormais il se sent plus responsable et les problèmes que lui même a identifiés sont abordés.
LES LEÇONS TIRÉS
Au cours de cette expérience les leçons retenues à notre niveau peuvent être énumérées comme suit :
- La disponibilité d'un bon diagnostic permettant une bonne connaissance du milieu est indispensable pour la bonne conduite d'un programme GTV.
- Tout programme GTV doit absolument reposer sur l'adhésion et la participation des villageois.
- Le succès ou l'échec d'un programme GTV dépend beaucoup de l'environnement institutionnel : Le villageois doit disposer d'un minimum de pouvoir sur le foncier (décentralisation) ; le regroupement des compétences doit être institutionnalisé.
- La disponibilité de moyens financiers et matériels au niveau du village et des services techniques est aussi déterminant.